Hommage à François Deguelt, mon ami.

Publié le 27 Janvier 2014

 

Mon ami si cher, toi qui sans le savoir tant que je n'ai pu te le dire en face un soir de janvier 1992 as probablement et durablement aidé ma construction d'homme...

 

Je ne comprends pas le temps, cette notion abstraite et pourtant omniprésente, il nous rattrape tout autant qu'il nous précède... "et tous ces jeunes fantômes ont 20 ans" !

 

Tu auras vécu en marin, étais tu né ainsi ? Les marins ont une autre notion du temps, la mer, le fleuve aussi mais comme tu le disais une fois au port avec une ambiance plus "Simenon" , invitent à voir le temps autrement, à le prendre comme on prend femme ou homme selon ce qu'on aime et peu importe tant qu'on aime puisqu'aimer occupe le temps de la plus belle façon, qui d'autre que toi a su mettre en chanson, et de quelle manière, cette vérité ?

 

Ta voix, tes mots, ton rire, ta philosophie, ta vie toute entière n'ont été dédiés qu'à l'amour, à l'amitié, ces deux choses abstraites, elles aussi, qui nous séparent de la viande que nous sommes et nous font hommes et femmes, avec du coup cette faiblesse de dépendre du temps, de celui qui reste à vivre.

 

Car si tu as écoulé le tien dans le sablier de ta vie, au gré des plages de ton désir, il nous reste le nôtre.

Sans toi.

Du moins avec ce qu'il nous reste de toi, des disques. Des mots, de la musique. La plus belle chose qui fait l'homme  : la poésie. Et des souvenirs aussi.

 

Tu auras vécu en poète, je parle volontairement au passé, un poète est toujours mort et aujourd'hui pour toujours tu es mort parce que le temps a passé sur ta vie, il l'a rattrapé en nous laissant la nôtre, bien triste du coup. Mais c'est le lot de ceux qui restent. Dans la vie ce n'est pas de mourir qui est dur, c'est de survivre aux autres. "Je dors, un couteau dans le coeur".

 

Désormais à chaque fois que j'entendrai ta voix, il me viendra une douleur : la nostalgie.

 

Celle de ne pas t'avoir connu 30 ans plus tôt, celle de ne pas avoir eu 30 ans de plus à partager avec toi, celle de ne pas savoir si nous nous reverrons dans cet improbable voyage dans l'au-delà.

 

Tu me manques, je t'embrasse, je t'aime. Et je n'en ai pas fini.

 

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Rédigé par Nicolas

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